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Film de Martin Campbell
Avec Daniel Craig et Eva Green
Sorti le 22 novembre 2006
Mais où est donc le Gentleman Britannique si élégant, irrésistible, décalé, intouchable, un brin dandy décadent ?
L'assistant de M est maintenant un homme, les voyous roulent en Aston Martin DB5, quand le barman lui demande s'il préfère son Martini-Gin à la cuillère ou au shaker, il répond littéralement "Qu'est-ce que j'en ai à foutre?"
Que se passe-t-il ?
J'ai bien peur que ça ne soit pas Daniel Craig, le bond bodybuildé façon Rambo (beuarrrr, même pas mal), qui tente de camper notre héros favori qui saura répondre à ces questions. Lui, qui se découvre des talents d'introspection et de psychologie insoupçonnables, et insoupçonnés du reste, au fur et à mesure du déroulement de l'intrigue. Même sa capacité de fait à emballer les gonzesses n'est pas crédible.
J'avais déjà des doutes sur l'approche de départ. En effet, "Casino Royale" est le premier bouquin de Ian Flemming. Le film a donc respecté cela, puisqu'il raconte, en quelque sorte, les débuts de l'agent James Bond, alors qu'il n'est pas encore double zéro. La difficulté, c'est qu'il y a déjà eu 20 films avant, le premier étant sorti il y a plus de 40 ans. Les épisodes précédents tenaient tous compte de la réalité géopolitique et de ses multiples évolutions, ainsi que de l'évolution des technologies pour proposer une débauche de gadgets tous plus farfelus les uns que les autres. C'est aussi cela "James Bond", de la BD. Il aurait donc fallu situer l'action au début des années 60. Point de cela ici ! L'action de déroule de nos jours. Il faudrait donc faire abstraction totale des films précédents. Je n'ai pu m'y résoudre. Même ce faisant, ce qui nous est montré ici n'est pas forcément "raccord" avec les autres films de la série. Ceci est très différent d'un Batman qui évolue dans un univers intemporel et dont le dernier opus "Batman begins" est à mon sens une vraie réussite.
« Casino Royale » est un film très musclé, plus que viril, réaliste, parfois cru dans les images violentes. Le pauvre agent 007 est loin d’être infaillible et doué à tout de façon innée, il pisse le sang dès qu'il le peu et se fait balafrer à tours de bras. Il possède en revanche une capacité à récupérer et à encaisser impressionnante. Là où un Sean Connery en serait à 4 ou 5 nymphettes culbutées sur le capot de l'Aston Martin et un col de chemise légèrement de travers après avoir rossé une horde d'adversaires vindicatifs, notre pauvre Daniel Craig a ruiné son smoking, s'est fait recoudre plusieurs fois et se fait mystifier par une superbe brune.
Au final, si j'ai apprécié un vrai bon film d'action fort bien mené et agréable, je n'ai pas vu un "James Bond".
C'était peut-être là le prix à payer pour moderniser, crédibiliser ou renouveler le concept?
Jean-François

Dites moi, Jean-François, ne serait-ce point une James Bond girl dont vous auriez omis de nous parler ? Philippe