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NOUVELLES AVENTURES EN HI-FI
Depuis l'annonce de ce disque je demeure très circonspect sur l'intérêt d'un tel projet dont l'origine est un show chorégraphique du Cirque du Soleil. Sauf qu'aux manettes il y a tout de même George Martin, le 5ème Beatles (oui, définitivement, c'est bien lui !) accompagné par son fils Giles.
Je comptais donc attendre quelques échos dont celui de notre blogeur favori Migwell avant de me lancer à mon tour dans cette aventure. Eventuellement...
Sauf que jeudi dernier mon disquaire habituel me le colle dans les mains, me lachant "C'est pas mal du tout... De toute façon, il aurait manqué à ta collection".
Voilà qui change la donne et me voilà contraint à m'atteler à ce nouvel opus.
De quoi s'agit ?
Tout d'abord, comment est vendu l'objet (j'ai failli dire le "produit" !) ? Pour se faire une idée de l'ambition, nous citerons Jérome Soligny, qui dans un article-pub paru dans le Rock&Folk de décembre et tiré à part pour la FNAC : "Agençant les chansons et les sons à la manière de peintres inspirés et grisés par l'arc-en-ciel des teintes de leur palette et la qualité des huiles à leur dispostion, George et Giles Martin ont inventé un paysage sonore dont les vallée, collines et rivières semblent familières mais restent à découvrir...."
Il faut se souvenir que le célèbre producteur n'en est pas à son premier coup d'essai. Il suffit d'écouter la face B d'Abbey Road pour se rendre compte que déjà en 1969 il maîtrisait parfaitement les collages et juxtapositions.
Plus récemment les 3 Anthologies nous ont donné à entendre des titres inédits bien sûr mais aussi des versions alternatives exhumées des coffres des studios Abbey Road. Déjà Sir George nous offrait des mixages entre telle et telle prise. Ce que personnellement je regrette. Imaginons qu'aujourd'hui, au lieu de nous présenter des esquisses de Gaugin, un joyeux plasticien nous propose des surimpressions de toiles mises en calque les unes sur les autres ! Je préfère très nettement admirer les esquisses dans ce quelles ont d'inachevé, permettant avec émotion de palper le travail de l'artiste.
LOVE ON THE BEAT
Venons en à LOVE. Je ne vais pas vous faire un descriptif détaillé des chansons en jouant à retrouver tous les ingrédients qui composent les titres. D'autres l'on fait ou le feront sûrement.
L'album s'ouvre sur les voix nues (a capella) de Because. Ca commence moyen, me dis-je. En effet, si vous possédez déjà l'Anthologie 3, vous pouvez entendre exactement la même chose sur la piste 20, les petits oiseaux en moins ! Nous poursuivons avec Get Back. Là franchement, c'est du bonheur : Le mix d'intro est jubilatoire et parfaitement réussi. Le père Martin, âgé aujourd'hui de 80 ans passé, nous prouve qu'il n'a rien perdu de son génie. L'enchaînement avec Glass Onion, est tout aussi réussi. On en pleurerait presque (attention, sur les Beatles, je suis comme Obélix : tombé dedans quand j'étais petit !). Pour le coup, chapeau !
Sauf que l'album ne tient pas du tout ses promesses. J'aurais dû m'en douter, George Martin est trop respectueux de l'oeuvre pour avoir toute l'audace voulue pour cet exercice. Certains enchaînements ne m'appellent qu'un haussement d'épaule (comme cette suite Drive My Car / The Word / What You're Doing). La liaison Blackbird / Yesterday me fait l'effet d'un jeu de mot facile tandis que d'autres audaces trouvent meilleure grâce à mes oreilles.
Nous avions pu découvrir la version sublime et acoutique de While My Guitar Gently Weeps sur l'Anthologie 3. Elle figure à nouveau dans LOVE mais enrichie d'un section de cordes que je trouve assez somptueuse.
C'est McCartney qui a dû être ravi du travail : les basses sont souvent à l'honneur (en particulier sur le final d' Hey Jude) et démontrent que notre Paulo était un véritable pionnier.
Au terme de l'écoute de ces 26 chansons, "Love" me fait l'impression d'une ballade en Ferrari avec Alain Prost mais sur une voie départementale. De belles reprises mais impossible de mettre la gomme. D'où ce mélande de sentiments : la mécanique est belle mais le pilote manque, je l'ai dit plus haut, d'audace par un respect quasi religieux de l'oeuvre.
Faut-il acheter ce disque ?
Si c'est pour découvrir les Bealtes, non ! Il vaut mieux commencer par deux ou trois disques majeurs (Abbey Road, Sgt Peppers, Double Blanc) et une bonne compile.
Si c'est pour faire une nouvelle balade dans le pays fabuleux du quatuor de Liverpool, pourquoi pas ! Vous connaissez déjà la région mais découvrez par hasard un petit chemin inconnu dans un paysage familier.
Le disque existe en deux versions :
- En CD simple
- En Digipak CD + DVD Audio (attention point d'image sinon sur l'écran télé le visuel de couverture avec le titre qui passe). Le DVD propose une version 5.1 mais n'étant pas - encore - équipé je n'ai pu la tester.
Lire par ailleurs la chronique de Love sur le blog "Chez Migwell" : Deux écoutes, deux avis !!!