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Rappelez-vous, Peter Von Poehl on vous en a déjà parlé au tout début : c’est ce suédois d’origine allemande qui chante en anglais et qui jouait dans un groupe français… son album « Going to where the tea trees are » faisant l’unanimité de Nantes à Brest ; figurez-vous que l’homme donne une série de quatre concerts près de Rennes dans le cadre des Transmusicales. Cécile et moi étions hier au premier show de la série.
C’est au centre culturel de l’Aire Libre à St Jacques de la Lande que Cécile et moi nous sommes donnés rendez-vous ; venant de St Brieuc, Cécile trouve de suite alors que de Nantes je rencontre des difficultés, bref : juste à temps !
Les portes s’ouvrent à 20h30 précises. Nous découvrons la salle avec déception : ça ressemble à une salle de cinéma, un Quartz miniature… nous serons donc assis durant le concert… nous nous installons à la troisième rangée et alors que tout le monde trouve place un type est déjà en place dans un coin de la scène, projecteur braqué sur lui. Costard et petite moustache, ce dandy super select s’évertue à faire chanter les roues phoniques d’un orgue Hammond avec succès (et là Philippe se dit qu’il a hâte d’y être) ! il accompagne donc l’entrée des spectateurs pendant une bonne quinzaine de minutes sur des impros jazzy d’excellente facture.
Le noir se fait et Marie Modiano entre en scène. Agée de 27 – 28 ans, elle est la fille de l’auteur Patrick Modiano et se produit en solo en s’accompagnant tantôt à la guitare, tantôt au piano. Son répertoire rappelle un peu celui de Carla Bruni : un petit filet de voix sur des mélodies très douces ; ça n’est pas déplaisant mais sans doute plus appréciable en disque que sur scène. Son set est assez court, six titres tout au plus (dont un qu’elle recommence suite à un trou de mémoire) avant d’annoncer l’arrivée de « Monsieur Peter Von Poehl et son big band ».
Et effectivement, quelle surprise de voir que pour reproduire le son épuré de Von Poehl, pas moins de neuf musiciens entrent en scène au côté du grand Peter : trois pour la section de cuivres, trois choristes (et là Philippe se redit qu’il a hâte d’y être), batteur et bassiste, et notre organiste de tout à l’heure entouré de son orgue, de son piano et d’autres claviers dont beau-papa nous dressera la liste exhaustive samedi. Et puis… il y a Peter Von Poehl, minet à la gueule d’ange, maigre et souriant comme un gamin, on lui donnerait à peine vingt ans ! Il a l’air extrêmement heureux d’être sur scène, de larges sourires, beaucoup de dialogues avec le public (en français svp !) et pas avare en énergie.
Le groupe joue a peu près tous les titres de l’album et le rendu est excellent, les cuivres et les chœurs apportant beaucoup à la qualité harmonique des titres et souvent les morceaux s’achèvent en apothéose de roulements, trompettes et nappes d’Hammond, un régal !
Plusieurs rappels et notre homme s’en va pour de bon, laissant son claviériste seul sur scène, accompagnant la sortie des spectateurs sur son orgue.
Excellent concert donc, dommage pour la salle, on aurait préféré être debout, on sentait aussi que c’était une avant première : petit plantage technique sur le Ukulélé, quelques hésitions sur les enchaînements, les cuivres semblaient parfois découvrir les partitions mais qu’importe, le résultat était là et nos hommes se sont donnés à fond !
